Vous la connaissez. Elle arrive au moment précis où vous alliez vous lancer. Le doigt sur le bouton d’appel, la main sur la poignée de la porte, la première phrase déjà sur les lèvres. Et elle dit : « Je ne suis pas capable. » Ou : « Je ne suis pas encore prêt. » Ou, plus discrète : « Ce n’est pas pour moi. » Cette petite voix intérieure ne crie jamais. Une phrase lui suffit, et vous reposez le téléphone.
Ce qui m’a toujours frappé, c’est ce que nous ne faisons pas à ce moment-là. Nous ne lui demandons pas d’où elle tient ce qu’elle affirme. Nous l’écoutons, nous la croyons, et le plus souvent nous lui obéissons. Puis vient le reste : la honte de n’avoir pas essayé, la peur d’être ridicule si l’on essaie quand même, et cette lassitude de ceux qui se battent contre eux-mêmes depuis des années et qui, le soir, n’ont plus de forces pour rien d’autre.
Imaginez un instant que vous puissiez entendre cette voix sans être obligé de la croire. Qu’est-ce que cela changerait dans votre semaine ? J’ai découvert récemment une conversation qui montre comment ce changement peut se produire, le temps d’une seule conversation. Ce n’est pas son côté spirituel qui m’a retenu. C’est quelque chose de profondément psychologique, que chacun peut apprendre à utiliser.
Si vous préférez m’écouter plutôt que me lire, voici la version en vidéo de cette réflexion, « Et si vos pensées vous empêchaient de vivre ? Une étonnante leçon de psychologie ».
En bref : la petite voix intérieure
La petite voix intérieure est cette phrase automatique qui, dans notre tête, commente ce que nous sommes et ce dont nous sommes capables, et qui finit par décider à notre place. Une pensée n’a que le pouvoir que nous lui donnons par notre attention, par ce que nous croyons et par l’image que nous avons de nous-mêmes. On peut apprendre à la remarquer sans lui obéir, puis à faire un petit pas malgré elle. Cet article suit une conversation réelle où une jeune femme fait cette découverte, et vous propose de la refaire chez vous.
Une conversation trouvée presque par hasard
Il y a quelque temps, quelqu’un m’a recommandé une vidéo sur YouTube. Une rencontre entre un enseignant spirituel, Mooji, et une jeune femme venue lui parler, lors d’une réunion en Inde, à Rishikesh, en février 2020. Elle s’approche du micro. Elle est émue, on le voit tout de suite ; cette rencontre compte pour elle.
Je vous le dis franchement : la conversation originale est en anglais, et elle est pleine de références spirituelles. Vous n’avez pas besoin d’y adhérer pour comprendre ce qui va nous occuper ici. Moi, je l’ai regardée avec mon regard de psychiatre, celui que m’ont laissé des années de pratique, et je me suis posé une question toute simple. Qu’est-ce que cet homme fait, exactement ? Comment s’y prend-il, question après question, pour amener cette femme à vivre quelque chose de différent ? Et surtout : y a-t-il là des mécanismes que chacun de nous pourrait utiliser, sans quitter sa cuisine ?
Alors j’ai repris toute la conversation, et j’en ai fait une carte mentale. Au centre, une idée : se libérer de l’emprise de certaines de nos pensées. Autour, les étapes que j’ai cru reconnaître. Reconnaître d’abord une capacité que la personne possède déjà. Comprendre comment certaines pensées prennent du pouvoir sur nous. Apprendre à les regarder autrement. Faire une expérience concrète. Et tenter, enfin, de garder cette liberté dans la vie de tous les jours.

Dit comme cela, c’est un peu sec. Avec les exemples, vous allez voir, et peut-être vous reconnaître dans ce que vit cette femme.
Ce que cette femme savait déjà faire sans le savoir
Elle commence à parler, la voix un peu tremblante, et dit quelque chose comme : « Je ressens des émotions, mais ce n’est pas important, ne vous en préoccupez pas. »
Et Mooji l’interrompt.
Pourquoi ? Parce qu’il vient de remarquer quelque chose qu’elle n’a pas vu. Cette femme ressent une émotion forte, et elle n’est pas obligée de se laisser diriger par elle. Elle vient de le prouver. Elle a le cœur qui bat, et elle parle quand même.
Imaginez-vous sur le point de prendre la parole devant un groupe. Vous êtes nerveux, le cœur cogne un peu plus vite, et une phrase arrive : « Je suis bien trop nerveux, je ne vais jamais y arriver. » Mais est-ce que le fait d’être nerveux vous empêche réellement de parler ? Pas nécessairement. On peut être nerveux et parler quand même. Beaucoup de gens qui redoutent le regard des autres le font chaque jour sans s’en apercevoir.
Mooji ne dit pas à cette femme : « Il faut que vous appreniez à contrôler vos émotions. » Il lui montre qu’elle sait déjà faire quelque chose d’important : ressentir une émotion sans lui obéir.
Je trouve que c’est une très belle manière de commencer une relation d’aide. Quand quelqu’un vient nous parler d’un problème, nous cherchons tout de suite ce qui ne va pas, alors qu’il est souvent plus utile de commencer par ce que la personne sait déjà faire. Vous aussi, vous avez sûrement déjà fait des choses avec la peur au ventre. Vous ne l’avez jamais compté comme une capacité. C’en est une.
Comment une petite voix intérieure prend-elle le pouvoir ?
La jeune femme raconte ensuite des pensées qui reviennent. Certaines lui disent qu’elle n’est pas prête, pas assez avancée. D’autres, à d’autres moments, lui disent le contraire : qu’elle a beaucoup progressé, qu’elle est particulièrement douée. Mooji fait remarquer que dans les deux cas, elle se retrouve enfermée dans une certaine image d’elle-même.
Regardons comment une petite voix intérieure se fabrique, avec un exemple que je connais bien. Vous décidez d’apprendre une langue, disons l’allemand. Vous essayez de parler, vous cherchez vos mots, vous faites des fautes. Jusque-là, rien d’anormal. Mais voilà qu’une pensée apparaît : « Je suis vraiment nul pour les langues. »
Au départ, c’est une pensée. Une phrase, rien qu’une phrase. Mais si vous y revenez régulièrement, si vous vous souvenez de toutes les fois où vous avez eu du mal, si vous commencez à la croire, un jour vous ne dites plus « j’ai du mal avec cette langue ». Vous dites : « Moi, je suis quelqu’un qui n’est pas doué pour les langues. »
Vous voyez ce qui vient de se passer ? Une difficulté est devenue une définition de vous-même. Et à partir de là, cette définition se mêle de tout. Vous hésitez davantage. Vous prenez moins de risques. Vous renoncez plus facilement. Et quand vous renoncez, vous vous dites : « Tu vois, j’avais raison. » Le cercle se referme et se renforce tout seul. Beaucoup de ceux qui souffrent d’un manque d’estime d’eux-mêmes habitent un cercle de ce genre depuis l’enfance.
Mais ce n’est pas parce que vous pensez quelque chose de vous-même que cette pensée est une vérité définitive.
Trois choses qui nourrissent la petite voix intérieure
Mooji nomme trois choses qui donnent du pouvoir à nos pensées : notre attention, ce que nous croyons, et l’image que nous avons de nous-mêmes.
Prenez une pensée très banale : « Je ne suis pas capable. » Si elle traverse votre esprit et que vous continuez tranquillement ce que vous faisiez, elle n’aura presque aucun effet. Mais si vous commencez à vous y intéresser… Si vous vous demandez pourquoi vous êtes incapable… Si vous cherchez toutes les preuves de votre incapacité et que vous les ressassez jusqu’à l’épuisement… Et si vous finissez par vous dire : « Oui, c’est bien moi, je suis comme ça »… Alors cette petite phrase peut prendre énormément de place dans votre vie. Votre petite voix intérieure a été nourrie trois fois.
Nos pensées ne sont pas toutes fausses, je tiens à le dire. Certaines nous avertissent de difficultés bien réelles. Mais elles ne méritent pas toutes d’être crues automatiquement. Et c’est précisément là que commence la partie la plus étonnante de cette rencontre.
Regarder ses pensées comme on regarde un film
Jusque-là, la jeune femme voudrait surtout se débarrasser des pensées qui la dérangent. Mooji ne lui propose pas de lutter. Il lui fait remarquer autre chose.
Il y a une petite voix intérieure qui lui dit : « Tu n’es pas prête. » Et puis il y a une autre partie d’elle qui répond : « Oui, c’est vrai, je ne suis pas prête. » Et il lui montre qu’elle peut observer les deux. La voix, et celle qui la croit. Tout tient dans ce point.
Vous êtes au cinéma, devant un film prenant. Vous avez peur avec les personnages, vous êtes triste avec eux, vous oubliez presque que vous êtes assis dans une salle. Et puis quelque chose vous rappelle que vous regardez un film : un voisin qui tousse, la lumière d’un téléphone. Le film continue. Mais votre relation avec lui a changé.
Avec nos pensées, il peut se produire quelque chose d’assez semblable. Au lieu d’être complètement pris dans ce que nous pensons, nous pouvons commencer à regarder ce qui se passe dans notre esprit. « Tiens, voilà une pensée qui me dit que je vais échouer. » « Tiens, voilà que je commence à la croire. » La pensée est toujours là. Mais vous n’êtes plus obligé de vous confondre avec elle. Les psychologues ont un nom pour ce pas de côté ; ils parlent de décentrage, ou de défusion cognitive. Vous n’avez pas besoin du mot pour faire le geste.
À qui s’adresse votre petite voix intérieure ?
Et maintenant arrive la question que je trouve la plus intéressante de toute la conversation. La jeune femme raconte qu’un de ces derniers jours, elle s’est demandé : « Mais à qui cette petite voix intérieure est-elle en train de parler ? »
Prenez le temps d’y réfléchir. Quand une pensée vous dit « tu es nul », « tu es incapable », « tu n’es pas prêt », à qui s’adresse-t-elle ?
Souvent, elle s’adresse à une certaine image que vous avez de vous-même. L’image de celui qui échoue. De celui qui n’ose pas. De celui qui n’est jamais à la hauteur. Mais cette image, est-ce vraiment tout ce que vous êtes ? Ou une représentation construite au fil du temps, à partir de certaines expériences, de certains souvenirs, de paroles que d’autres vous ont dites un jour et que vous avez gardées ? Nous finissons parfois par traiter une vieille idée sur nous-mêmes comme si elle était notre nature profonde. Alors que nous avons changé, appris, vécu bien d’autres choses depuis.
Dans la vidéo, à ce moment-là, la jeune femme éprouve un soulagement soudain. Elle en rit. Comme si elle découvrait que cette petite voix à laquelle elle accordait tant d’importance n’avait peut-être pas toute l’autorité qu’elle lui prêtait.
Le piège de vouloir toujours devenir meilleur
L’histoire ne s’arrête pas là, et la suite nous concerne presque tous. La jeune femme commence à comprendre. Et aussitôt, elle voudrait aller plus loin. Elle demande à Mooji de l’aider à progresser davantage. Et là, il remarque un nouveau piège, assez subtil.
Nous nous disons : « Je ne suis pas assez confiant, il faut que je devienne plus confiant. » « Je ne suis pas encore la personne que je voudrais être. » Vouloir progresser n’a rien de mauvais. Mais parfois, nous nous mettons à croire que nous n’aurons le droit d’être tranquilles que lorsque nous serons devenus quelqu’un d’autre.
Et c’est là que nous nous épuisons. Il y a toujours quelque chose à améliorer, toujours un défaut à corriger, toujours une étape de plus. Ce site s’appelle « combattre la fatigue », et je dois vous dire ce que j’ai observé pendant des années : une part de la fatigue qu’on m’a décrite ne venait ni du travail ni du manque de sommeil. Elle venait de ce combat permanent contre soi-même, mené du matin au soir, sans trêve et sans vainqueur possible. C’est souvent par cette porte qu’on glisse vers le burn-out sans avoir vu l’escalier.
Mooji invite alors la femme à regarder aussi cette pression qu’elle se met. Est-elle obligée de se considérer comme insuffisante pour pouvoir progresser ? Peut-elle apprendre, découvrir, évoluer, sans se battre constamment contre elle-même ? On peut vouloir changer quelque chose dans sa vie sans se considérer soi-même comme un problème à réparer.
Faut-il ne plus douter pour agir ?
Un peu plus tard, la femme exprime encore un doute. Mooji ne cherche pas à lui démontrer qu’elle a tort de douter. Il l’invite à remarquer que le doute, lui aussi, est une expérience qu’elle peut observer.
C’est très simple, et nous l’oublions constamment. Nous croyons qu’il faut d’abord ne plus avoir peur pour agir. Ne plus douter pour décider. Ne plus être anxieux pour commencer.
Mais réfléchissez. Un étudiant doit-il être certain de réussir avant de se présenter à l’examen ? Faut-il ne plus avoir peur de parler pour commencer à apprendre une langue étrangère ? Non. Vous pouvez agir avec une certaine peur. Vous pouvez apprendre en ayant encore des doutes. Vous pouvez commencer sans vous sentir complètement prêt.
Il faut parfois écouter ses inquiétudes, surtout quand elles signalent un vrai danger. Mais le simple fait qu’une pensée inquiétante apparaisse ne signifie pas qu’elle doit décider à votre place.
Marcher dans la salle et revenir
Et maintenant, Mooji fait quelque chose que j’apprécie particulièrement. Il ne se contente pas de parler. Il propose une petite expérience. Il demande à la femme de quitter le micro, de marcher un peu dans la salle, et de revenir.
Pourquoi ? Parce qu’elle pourrait se dire : « Ici, devant lui, je me sens libre. Mais dès que je vais m’éloigner, toutes mes anciennes pensées vont reprendre le dessus. » Plutôt que de lui répondre « non, ne vous inquiétez pas », il lui propose de vérifier.
Elle s’éloigne. Elle marche à travers la salle. Elle revient. Il lui demande ce qui s’est passé. Et elle constate que ce qu’elle venait de découvrir n’a pas disparu. Les pensées continuent à venir, dit-elle en substance, et elles n’ont plus le même poids.
Cela me paraît essentiel. On peut comprendre beaucoup de choses intellectuellement sans que cela change notre vie. Mais une expérience qui contredit une vieille conviction, on l’apprend avec tout le corps.
Vous pensez : « Je suis incapable de travailler quand je suis anxieux. » Au lieu d’essayer pendant une heure de vous convaincre du contraire, faites une petite expérience. Vous acceptez d’être anxieux, et vous essayez de travailler pendant trois minutes. Peut-être que ce sera difficile. Peut-être que vous n’avancerez pas beaucoup. Mais peut-être aussi que vous découvrirez que vous pouviez commencer malgré l’anxiété. Et cette découverte, parce que vous l’avez faite vous-même, vaut plus qu’un long discours.
Vivre avec une petite voix intérieure qui ne se tait jamais
La femme remarque ensuite que des pensées continuent à apparaître. Mooji ne voit pas cela comme un échec, et je pense qu’il a raison sur ce point.
Nous nous imaginons parfois qu’être psychologiquement libre voudrait dire ne plus jamais avoir de pensées négatives. Ne plus avoir peur. Ne plus douter. Mais notre esprit ne fonctionne pas ainsi. Nous allons continuer à penser, à imaginer, à nous souvenir, à anticiper, et parfois à nous inquiéter. La petite voix intérieure fait partie de l’équipement ; elle ne se démonte pas.
La question n’est donc pas de savoir comment empêcher ces pensées d’apparaître. La question est plutôt : quelle place voulons-nous leur donner dans notre vie ? Une pensée qui dit « tu n’y arriveras pas » doit-elle automatiquement nous empêcher d’essayer ? Pas forcément. Et c’est peut-être ce que cette femme est en train de découvrir. Non pas un esprit dans lequel il ne se passerait plus rien, mais une autre manière de vivre avec ce qui s’y passe.

Une expérience à faire aujourd’hui avec votre petite voix intérieure
Vous allez peut-être me demander : « Très bien, mais concrètement, qu’est-ce que je fais de tout ça ? » Je voudrais vous proposer une petite expérience. Pas besoin de méditer pendant des heures. Pas besoin de croire à quoi que ce soit.
Choisissez une phrase que votre petite voix intérieure vous répète souvent et qui vous empêche parfois d’avancer. « Je ne suis pas capable. » « Je vais échouer. » « Je ne suis pas prêt. » « Je ne suis pas assez bon. »
Maintenant, au lieu de chercher à combattre cette pensée, essayez de la remarquer. Dites-vous : « Tiens, je remarque que mon esprit me dit que je ne suis pas capable. » Ce n’est pas tout à fait la même chose que de dire « je ne suis pas capable ». Dans le premier cas, vous décrivez ce que vous pensez. Dans le second, vous semblez décrire ce que vous êtes.
Puis demandez-vous : « Est-ce que je suis obligé de croire cette pensée ? » Et ensuite : « Est-ce que je pourrais faire un tout petit pas dans la direction qui m’intéresse, même si cette pensée est encore là ? »
Pas un grand pas. Juste un petit. Passer ce coup de téléphone que vous remettez à plus tard depuis mardi. Écrire les premières lignes de ce texte. Dire trois mots d’allemand à la boulangerie. Ou simplement commencer une tâche pendant deux minutes ; le premier geste compte plus que le plan.
Et ensuite, regardez ce qui s’est réellement passé. Pas ce que vous craigniez. Ce qui s’est passé. C’est peut-être là que vous commencerez à découvrir quelque chose d’intéressant.
Questions fréquentes sur la petite voix intérieure
Qu’est-ce que la petite voix intérieure ?
C’est la pensée automatique qui commente, dans notre tête, ce que nous sommes et ce dont nous sommes capables : « je ne suis pas prêt », « ce n’est pas pour moi ». Elle n’est ni toujours fausse ni toujours vraie. Le problème commence quand nous lui obéissons sans l’avoir examinée.
Faut-il faire taire ses pensées négatives ?
Non, et ce n’est d’ailleurs pas possible : l’esprit continue à penser, à anticiper, à s’inquiéter. L’enjeu est la place que nous leur donnons. Une pensée que l’on remarque sans la croire perd beaucoup de son pouvoir, même si elle revient.
Peut-on agir sans être sûr de soi ?
Oui. Un étudiant passe son examen sans certitude de réussir, et l’on apprend une langue avec la peur de parler. Le doute peut rester présent pendant qu’on agit ; il est une expérience à observer, pas un ordre à exécuter.
Cette approche remplace-t-elle une thérapie ?
Non. Une conversation, aussi juste soit-elle, ne résout pas toutes les difficultés psychologiques, et le changement observé dans la vidéo n’est pas nécessairement définitif. Il s’agit d’un mécanisme à comprendre et à expérimenter, pas d’un traitement.
La phrase que vous répétez depuis des années
Ce que j’ai aimé dans cette rencontre, c’est qu’elle montre une manière différente d’aborder nos difficultés. Nous passons beaucoup de temps à essayer de nous améliorer, à éliminer nos peurs, nos doutes, nos hésitations. Mais peut-être que nous n’avons pas toujours besoin d’attendre d’être différents pour commencer à vivre autrement. Peut-être pouvons-nous apprendre à reconnaître nos pensées pour ce qu’elles sont : des pensées. Parfois utiles. Parfois trompeuses. Parfois simplement anciennes. Et apprendre à ne pas leur abandonner les décisions qui comptent pour nous.
Je ne prétends pas qu’une conversation comme celle-là puisse résoudre toutes les difficultés psychologiques, ni que le changement qu’on voit dans cette vidéo soit définitif. Je dis que les mécanismes qu’elle met en lumière me paraissent profondément intéressants, et qu’ils méritent d’être compris et essayés.
Alors je vous laisse avec une question. Quelle est cette petite phrase que vous vous répétez depuis des années, et que vous n’avez peut-être jamais vraiment remise en question ? « Je ne suis pas capable » ? « Je suis trop vieux » ? « Je n’y arriverai jamais » ? Une autre ? Si vous en avez envie, écrivez-la-moi dans les commentaires. Je les lis, et je crois qu’il y a beaucoup à découvrir en observant ces petites phrases qui gouvernent parfois une grande partie d’une vie. Et si cette réflexion vous a intéressé, regardez aussi la conversation originale ; vous y verrez peut-être d’autres choses que celles dont je vous ai parlé.
Ces observations ne remplacent pas une consultation : si l’anxiété, la tristesse ou l’épuisement durent, parlez-en à votre médecin.
Dr Dieter Jeromin, qui a longtemps exercé comme neurologue et psychiatre