La dépression sous forme de « Dementors » ou « Mind Eaters » chez Harry Potter
Ceux qui ont lu Harry Potter se rappelleront des « Dementors » ou « Mind Eaters » qui sont devenus des « Détraqueurs » dans la version française. Leur intervention est la pire des choses qui peuvent arriver dans le monde des sorciers, à part la mort. Ils enlèvent à leurs victimes toute envie de vivre.
C’est une description pertinente de ce que vivent les personnes qui souffrent d’une dépression.
Matt Haig raconte sa dépression
Je vais te l’expliquer à partir du vécu de Matt Haig. C’est un écrivain doué qui a su la décrire d’une manière encore plus précise et plus en détail que beaucoup des patients dépressifs que j’ai vus en consultation.
En bref : la dépression de Matt Haig
Les « Détraqueurs » de Harry Potter, qui enlèvent toute envie de vivre, sont une image juste de ce que vivent les personnes dépressives. L’écrivain Matt Haig décrit la dépression de l’intérieur : un mélange soudain de dépression et d’anxiété survenu en vacances, une douleur physique au fond de la poitrine, des attaques de panique, la peur permanente de perdre la raison (la « méta-anxiété ») et un monde devenu incompréhensible. Selon l’article, la dépression de Matt Haig a trouvé une issue sans alcool, grâce à la lecture puis à l’écriture, et à la conscience que toute phase dépressive aura une fin.
Un jour alors qu’il était en vacances en Espagne, Matt Haig a été pris par un mélange toxique de dépression et d’anxiété. Tout d’un coup, il était incapable de penser et le monde n’avait plus de sens pour lui. Il souffrait de fortes attaques de panique avec hyperventilation qui l’empêchaient de quitter la maison. Il a senti la dépression comme une douleur physique au fond de sa poitrine et l’anxiété comme des picotements dans tout son corps.
Ces troubles restaient cependant invisibles pour les autres qui n’arrivaient pas à bien se rendre compte de ce quise passait avec lui.
Qu’est-ce que la méta-anxiété ?
Pendant ce temps-là, il craignait tout le temps de perdre la raison. Et même le seul fait d’y penser augmentait son anxiété encore davantage.
C’est ce qu’on appelle la méta-anxiété ou la peur de la peur.
On sait que plus que les femmes, les hommes souffrent dans ces moments d’un important isolement social.
On diagnostique environ deux fois plus de cas de dépression chez des femmes que chez des hommes. Ce sont cependant souvent les hommes qui croient que le suicide reste la seule issue et l’on a environ trois fois plus de suicides chez les hommes dépressifs que chez les femmes.
Un moyen d’autothérapie auquel beaucoup recourent à ces moments-là est la consommation d’alcool et d’autres drogues.
Pour Matt Haig cette « crise de nerfs » soudaine a été terrible, mais il ne voulait pas se cacher dans sa zone de confort en buvant de l’alcool comme cela lui était déjà arrivé dans le passé.
Un dépaysement du monde connu
Tout lui paraissait comme si on avait tout d’un coup tourné un interrupteur de lumière et que toute la machinerie était tombée en panne.
Il a passé trois jours au lit sans pouvoir dormir ni sortir du lit. Il s’imaginait des démons partout et vivait dans une crainte permanente que quelque chose de terrible allait arriver.
Cette anxiété soudaine avait une influence sur tous les aspects de sa vie. Rien que l’idée d’aller sortir pour acheter une bouteille de lait le remplissait de panique. Arrivé dans un supermarché, il avait du mal à reconnaître les bouteilles de lait et ensuite, il devait encore passer une interaction sociale difficile avec la caissière pour paraître normal.
Plus tard, il s’est rendu compte qu’il y avait déjà eu des signes précurseurs dans sa vie auxquels il n’avait pas prêté assez d’importance.
Déjà à l’âge de dix ans, il avait une fois hyperventilé quand il devait présenter un exposé en classe et il s’était senti complètement détaché de son corps, comme s’il s’observait de l’extérieur.
Le vécu d’un épisode dépressif prend des formes individuelles.
Comment Matt Haig s’est-il sorti de la dépression ?
Matt Haig a trouvé confort dans des lectures littéraires.
Il a expliqué que les écrivains utilisent souvent un langage qui n’est pas réaliste, mais poétique et c’est précisément ce type de langage qui lui a donné un moyen pour décrire ce qui lui arrivait.
Sa vie avait perdu toute intrigue, mais les personnages des livres qu’il a lus en avaient, comme par exemple l’Étranger de Camus.
Cette lecture lui a permis de sortir de sa tête pour entrer dans celle de quelqu’un d’autre. Et il a aussi appris à écrire lui-même par la suite.
Il a pu prendre conscience du fait que la vie continue et que toute phase dépressive aura une fin.
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Questions fréquentes sur la dépression
Comment Matt Haig a-t-il vécu le début de sa dépression ?
En vacances en Espagne, il a été pris d’un mélange toxique de dépression et d’anxiété : incapable de penser, attaques de panique avec hyperventilation, douleur physique dans la poitrine, picotements dans tout le corps, trois jours au lit sans dormir. Ces troubles restaient invisibles pour les autres.
Qu’est-ce que la méta-anxiété ?
La peur de la peur : la crainte permanente de perdre la raison, dont la seule pensée augmente encore l’anxiété.
La dépression touche-t-elle autant les hommes que les femmes ?
On diagnostique environ deux fois plus de dépressions chez les femmes, mais les hommes souffrent davantage d’isolement social dans ces moments et l’on compte environ trois fois plus de suicides chez les hommes dépressifs que chez les femmes.
Qu’est-ce qui a aidé Matt Haig ?
La lecture : le langage poétique des écrivains lui a donné les mots pour décrire ce qui lui arrivait et lui a permis de sortir de sa tête pour entrer dans celle de quelqu’un d’autre. Il a ensuite appris à écrire lui-même et compris que la vie continue et que toute phase dépressive a une fin.