Pourquoi n’arrive-t-on pas à mener les choses à terme ?
Je vais te raconter l’histoire de Marine qui était venue me voir parce qu’elle ne savait pas c omment terminer tout ce qu’elle avait commencé à faire.
Elle voulait s’inscrire pour préparer une thèse de doctorat et elle avait commencé à lire beaucoup de livres sans jamais aller jusqu’au bout. Elle avait de bonnes idées de sujets de recherche sans pouvoir ensuite les concrétiser et continuer à les rédiger. Bref, elle commençait beaucoup de choses sans jamais pouvoir aller jusqu’au bout.
Cela me rappelle une des lois fondamentales de la physique, l’inertie. Tout objet qui est en mouvement continue sa trajectoire, mais si tu interromps le mouvement, il sera ensuite difficile de le reprendre. Et c’est exactement ce qui s’est passé chez elle.
Pourquoi se laisse-t-on distraire au lieu de terminer ?
Elle commençait à faire une chose et se laissait ensuite distraire par une autre chose qu’elle commençait en interrompant la première tâche qu’elle était en train de faire.
En bref : terminer ce qu’on commence
Ne pas arriver à terminer ce qu’on commence est fréquent : selon l’article, presque un quart des adultes souffrent d’un problème chronique de procrastination, et nous sommes interrompus en moyenne toutes les trois minutes, la moitié du temps par nous-mêmes. Chez Marine, trois facteurs bloquaient : la peur d’être jugée, des standards trop élevés hérités de ses succès passés et le perfectionnisme. Elle a avancé le jour où elle a appris à découper l’ensemble en petites tâches simples et à faire ce qu’il y avait à faire sans penser au résultat.
Et elle n’est pas la seule personne à qui cela arrive. Une étude a montré que de nos jours nous sommes généralement interrompus toutes les trois minutes et la moitié de ces interruptions dépendent de nous-mêmes. Cela arrive généralement lorsque nous n’avons pas une claire date limite en tête.
On peut parler de mauvaise habitude et penser aux peurs et aux hésitations qui interviennent ici. Il a été constaté que presque un quart des adultes sont victimes d’un problème chronique de procrastination.
Marine m’expliquait qu’elle n’arrivait pas à maîtriser la gestion du temps, mais le vrai problème était qu’elle n’arrivait pas à se maîtriser elle-même.
En travaillant ensemble, nous avons vite compris que plusieurs facteurs intervenaient lorsqu’elle n’arrivait pas à finir ce qu’elle avait commencé.
Ne pas aller au bout par peur d’être jugé
Il y avait d’abord une peur d’être jugée pour ce qu’elle produisait. En le laissant inachevé, elle arrivait à éviter d’être jugée.
Ensuite, il y avait ses propres standards élevés qu’elle avait établis avec les mémoires précédents qu’elle avait rédigés pendant ses études et qui avaient obtenu d’excellentes notes. Elle se voyait désormais dans l’obligation de produire des travaux au moins égaux sinon supérieurs à tout ce qu’elle avait déjà fait auparavant.
Un troisième facteur qui intervenait également était la peur d’interrompre le plaisir qu’elle trouvait par moment à faire les recherches pour son projet.
Au bout de nos entretiens thérapeutiques, elle avait surmonté son défaut de ne voir que des idées négatives concernant l’issue de ses travaux.
Le perfectionnisme empêche-t-il d’aboutir ?
Elle a réalisé que le fait de vouloir être perfectionniste n’était pas un avantage. Ce n’était pas pour cela que les gens jugeaient mieux son travail. On ne lui accordait pas plus de sympathie pour cela. Et devoir travailler sous la pression du temps au tout dernier moment ne pouvait pas produire de meilleurs résultats.
Elle arrivait finalement à travailler sur son projet de recherche sans perdre du temps et de l’énergie à penser à ce que cela allait donner.
La difficulté principale qui l’avait paralysée auparavant était qu’elle restait bloquée sur une idée de l’ensemble de ce qu’elle devait faire. Elle ne savait pas comment le décomposer en petites tâches simples.
Il ne lui avait pas manqué une vision d’ensemble, mais tout au contraire, elle avait passé trop de temps et d’énergie à s’en préoccuper. Elle ne savait pas faire tout bêtement ce qu’il y avait à faire par de tout petits morceaux bien digestibles.
Pour transformer une grande tâche en premiers pas concrets, voyez la règle des 72 heures pour passer à l’action.
Et deux ans plus tard, elle a pu présenter sa thèse sans s’être plus préoccupée du jugement qu’on allait lui réserver.
Et elle a eu les félicitations du jury alors que cela n’avait plus été une de ses préoccupations pendant qu’elle avait travaillé sur cette thèse.
Questions fréquentes sur la difficulté à terminer ce qu’on commence
Est-ce normal de ne pas finir ce que l’on commence ?
C’est répandu : l’article cite une étude selon laquelle nous sommes interrompus toutes les trois minutes, la moitié de ces interruptions venant de nous-mêmes, et presque un quart des adultes ont un problème chronique de procrastination.
Pourquoi laisse-t-on les choses inachevées ?
Chez Marine, trois facteurs jouaient : la peur d’être jugée (ce qui est inachevé n’est pas jugé), des standards trop élevés fixés par ses réussites passées, et la peur d’interrompre le plaisir de la recherche.
Le perfectionnisme aide-t-il à faire mieux ?
Non, selon l’article : les gens ne jugeaient pas mieux le travail de Marine pour autant, et travailler sous la pression du dernier moment ne donnait pas de meilleurs résultats.
Comment réussir à terminer ?
En décomposant l’ensemble en tout petits morceaux bien digestibles et en les faisant simplement, sans passer trop de temps à se préoccuper de la vision d’ensemble ni du jugement à venir.
Le fait d’être perfectionniste est un vrai frein. J’adore ton histoire
Si j’étais meilleur en peinture, je serais tenté de dépeindre le perfectionnisme comme un diable séduisant qui parvient à embobiner une grande majorité de personnes.
La dispersion est épuisante, c’est sûr !! La fuite du temps est ma grande hantise.
Après tout, le temps est la chose la plus précieuse que nous ayons sur terre et aucune somme d’argent ne peut le racheter.
Super article, je me reconnais un peu dans être histoire …
Si ça peut vous consoler, c’est loin d’être rare !
Je pense qu’on peut tous se voir dans Marine. Etre en train de travailler puis le téléphone sonne et on se rends compte 20 min que l’on a finit sur les réseaux sociaux ou autres en train de rien faire! La concentration se travaille! Et comme tu le dis, avoir une vision long terme et globale c’est bien mais des objectifs hebdomadaires ou quotidien permettent de s’encourager et de se sentir avancer dans le projet à long terme!
En fait, on peut dire que ce phénomène est devenu presque universel de nos jours et que de nombreuses personnes en souffrent sans toujours en être conscientes.
Ah ce perfectionnisme ! C’est vrai qu’il peut provoquer des blocages. Oser être imparfait pour mieux vivre sa vie. C’est mon leitmotiv. J’en ai même fait un article. 😉
La vie est imparfaite et c’est aussi ce qui la rend intéressante et nous permet d’en profiter, mais tout le monde ne s’autorise pas à l’admettre intérieurement et à en profiter.