2020, un printemps pas comme les autres
Je me rappelle qu’au printemps 2020 lorsque l’on commençait à parler dans les médias de cette nouvelle épidémie de SARS-CoV-2 qu’on a nommée par la suite COVID-19, j’ai reçu des appels de gens qui se plaignaient de fatigue et me demandaient si cela venait de ce nouveau virus.
À l’époque je ne savais pas beaucoup plus qu’eux sur cette pathologie, sauf qu’une sensation de fatigue est une réaction tout à fait normale lorsque notre corps réagit à une quelconque infection virale. Or, les gens qui m’appelaient à l’époque avaient généralement des résultats négatifs aux tests d’infection. Donc, on pouvait exclure une réaction physiologique à une infection.
En bref : fatigue et COVID-19
Fatigue et COVID-19 vont souvent de pair : la fatigue fait partie des symptômes les plus fréquents de l’infection et en est souvent l’un des premiers signes, sous la forme d’un épuisement qui persiste malgré le repos, apparaît le plus souvent pendant les sept premiers jours et dure généralement entre cinq et huit jours, parfois deux semaines ou plus. Selon l’article, la fatigue ressentie pendant le confinement sans être infecté était surtout une réaction au stress, à l’enfermement et à l’isolement social. Ces deux formes de fatigue sont décrites comme transitoires : elles disparaissent avec la cause qui les a provoquées.

Par la suite, d’autres personnes se sont également plaintes de fatigue lors d’une réelle infection COVID-19 et certains même encore après la fin de l’infection, mais à ce moment, on savait déjà beaucoup plus sur cette infection et je savais mieux répondre à leurs questions.
Pourquoi était-on fatigué pendant le confinement COVID-19 ?
Il s’avère que la fatigue fait partie des symptômes fréquents lors des infections COVID-19, de même que la fièvre, la toux et la perte de l’odorat ou du goût. Les symptômes un peu moins fréquents sont les maux de gorge, maux de tête, courbatures, diarrhée, éruption cutanée, décolorations des doigts ou des orteils et les yeux rouges ou irrités.
Mais la plupart des gens qui se plaignaient à ce moment-là de fatigue étaient confinés chez eux et à l’abri d’une infection. Par contre, on voyait bien qu’ils avaient du mal à s’adapter à ce changement de leurs conditions de vie. L’enfermement chez eux et le télétravail les mettaient souvent dans des conditions de stress et d’isolement social pour lesquels ils n’étaient pas préparés.
Comment se manifeste la fatigue liée au coronavirus SARS-CoV-2 ?
Une étude nationale, publiée dans le Journal of the American Medical Association — JAMA, sur les problèmes de fatigue qui a été réalisée en Grande-Bretagne en 2020 sur une population de 226 521 patients a mis en évidence que les plaintes de fatigue chez les patients qui avaient un test positif pour une infection COVID-19 étaient presque six fois plus fréquentes que chez les autres patients.
Il s’est avéré que la fatigue est même souvent un des premiers signes d’une infection COVID-19 et plus fréquent que les signes classiques : toux, fièvre et perte de l’odorat, mais cette fatigue au début d’une infection COVID-19 se distingue généralement des sensations habituelles d’être un peu fatigué. Il s’agit plutôt d’un type de fatigue extrême ou une sensation d’épuisement qui persiste malgré le repos ou une bonne nuit de sommeil. Elle se manifeste déjà après de petites tâches et limite l’activité quotidienne habituelle. Les personnes concernées peuvent sentir des difficultés à monter les escaliers, à faire des tâches normales ou même pour sortir du lit. Souvent, la concentration et la mémorisation sont également perturbées et on a parfois parlé d’une sorte de « brouillard cérébral » pour décrire leur condition.

La fatigue directement liée à une infection COVID-19 se manifeste typiquement le plus souvent pendant les sept premiers jours de l’infection et dure généralement entre cinq et huit jours, mais on trouve aussi des personnes qui en souffrent pendant deux semaines ou plus. Il y a aussi une forme de fatigue qu’on observe dans des formes prolongées de COVID-19 ou après une infection COVID-19, mais on peut les rassurer. Cette fatigue finira toujours par s’en aller.
Le syndrome de fatigue chronique, dont la reconnaissance médicale a pris des décennies, fait l’objet d’un article à part.
Si on regarde les dernières statistiques, 82 % des gens qui ont eu un résultat positif aux tests COVID-19 se plaignaient de fatigue et 13 % de ceux qui étaient atteints de la COVID-19 avaient la fatigue comme seul symptôme.
Parmi les autres personnes qui souffrent de fatigue sans montrer des signes biologiques d’une infection virale, il y a des cas de dépression et de pathologies anxieuses caractérisées qui nécessitent une prise en charge médicale, mais une majorité souffre plutôt d’une symptomatologie réactionnelle qui bénéficie d’une prise en charge psychologique et comportementale.
Quelles sont les 9 stratégies simples pour affronter la fatigue liée au confinement sanitaire ?
Voici les conseils qui ont pu aider le plus les personnes qui se plaignaient de fatigue dans des conditions de confinement sanitaire sans être infectées par le virus :
Pour commencer, il y a de simples exercices physiques qui permettent de mieux faire face à toute condition d’enfermement et qui peuvent diminuer le stress et augmenter le bien-être par une sécrétion d’endorphines. Selon les préférences personnelles, on peut choisir entre des exercices classiques de gymnastique, d’aérobic, de danse, de stretching, de Pilates ou du yoga.
Ensuite, il est important de trouver des interlocuteurs pour parler des sensations de frustration que ce soit avec des membres de sa famille, des amis ou des psychologues et thérapeutes.
Une troisième étape est l’engagement dans des pensées constructives avec compassion pour soi-même et les autres. On s’assurera à cette occasion qu’on fait du mieux qu’on peut.
Pour aller plus loin, je conseille des exercices de pleineconscience et de gratitude.
Ce sera le moment de vivre la vie, jour par jour et un moment après l’autre en prenant conscience que ces moments viennent comme par vagues. On pourra se dire à ce moment que c’est acceptable que la situation ne soit pas agréable au présent et de penser à ce qu’on pourra faire pour se sentir mieux.
Le point suivant consiste à trouver de la compassion avec soi-même et d’accepter qu’on n’est pas parfait et qu’onn’ a pas besoin de se tracasser avec des reproches pour d’éventuelles fautes ou chances perdues. Nous arrivons tous à passer des moments difficiles même si nous ne connaissons pas la réponse à tous les problèmes. D’ailleurs, personne ne la connaît !
Il est important de trouver des choses à attendre avec impatience. Ça peut être une promenade avec un ami ou même de tout petits plaisirs de la vie quotidienne.
Laissez-vous aller à rire. C’est un geste simple qui déclenche de multiples réactions physiologiques bénéfiques.
Questions fréquentes sur la fatigue et la COVID-19
La fatigue est-elle un symptôme fréquent de la COVID-19 ?
Oui. Selon l’article, elle fait partie des symptômes les plus fréquents, avec la fièvre, la toux et la perte de l’odorat ou du goût, et elle est souvent l’un des premiers signes de l’infection. D’après les statistiques citées, 82 % des personnes testées positives se plaignaient de fatigue.
Combien de temps dure la fatigue liée à la COVID-19 ?
Elle se manifeste le plus souvent pendant les sept premiers jours de l’infection et dure généralement entre cinq et huit jours. Certaines personnes en souffrent pendant deux semaines ou plus, et il existe aussi une fatigue observée dans les formes prolongées ou après l’infection.
Comment reconnaître la fatigue de la COVID-19 ?
Il s’agit plutôt d’une fatigue extrême ou d’une sensation d’épuisement qui persiste malgré le repos ou une bonne nuit de sommeil, apparaît après de petites tâches et limite l’activité quotidienne. La concentration et la mémorisation sont souvent perturbées, ce qu’on a appelé un « brouillard cérébral ».
Pourquoi était-on fatigué pendant le confinement sans être malade ?
Le changement brutal des conditions de vie, l’enfermement et le télétravail créaient du stress et un isolement social pour lesquels les gens n’étaient pas préparés. Selon l’article, une majorité souffrait d’une réaction psychologique et comportementale, tandis que certains cas de dépression ou d’anxiété nécessitaient une prise en charge médicale.
Regardez en arrière et trouvez de la résilience.
En conclusion
Nous pouvons constater qu’il existe une forme typique et particulièredefatigue qui accompagne les infections COVID-19 et même que des états de fatigue qui se sont manifestés pendant la périodede peur et de confinement liée à cette épidémie, mais heureusement ces deux formes s’avèrent réactionnelles à une condition physique ou psychologique transitoire et disparaissent avec celle-ci tout comme elles sont venues, sans laisser de séquelles permanentes.
Mercii beaucoup pour cet article très intéressant et instructif. J’avoue que la fatigue et le brouillard cérébral sont compliqué à gérer quand on a le covid. Merci pour ces conseils 😊🔥
Je vous souhaite la meilleure des chances dans votre rétablissement. Heureusement, avec les variantes les plus courantes du virus de nos jours, les chances sont en votre faveur !
Merci beaucoup Dr.JÉROMIN pour votre article sur le covid 19, qui est à mon sens un message d espoir pour tout ceux qui le lirons.Les stratégies d adaptation efficaces pour lutter contre les effets du confinements, vos conseils si humains et empathiques pour s en sortir.
Article très intéressant, a lire absolument !
L’espoir joue un rôle important dans la vie, et il est encore plus encourageant lorsque l’on sait que les chances de réussite sont grandes.