Est-ce que cela vous est déjà arrivé qu’en écoutant un cours vous vous rendez tout d’un coup compte qu’il y a un bout de phase et l’information qu’elle contenait vous a complément échappée ? Où avez vous déjà vu quelqu’un chez qui les yeux tombaient ou les paupières se fermaient lentement et qui hochait avec la tête ?
Le sommeil d’une seconde
Ce sont des signes typiques de ce que j’appelle un sommeil d’une seconde et qui peut actuellement durer entre une fraction de seconde et plusieurs secondes. Pendant ce laps de temps le cerveau s’éteint temporairement ou entre dans un état de sommeil, même si la personne semble éveillée et consciente.
Le terme officiel pour ce phénomène dans la littérature médicale est microsleep ou “micro-sommeil”.
Vous perdez et retrouvez la vigilance après une brève perte de conscience, souvent sans avertissement.
Une pathologie souvent lourde de conséquences
Si cela vous arrive pendant un cours, votre professeur peut penser, souvent à tort, que vous n’êtes pas intéressé par ce qu’il a à dire. Et c’est le moindre mal, car si cela devait vous arriver alors que vous êtes en train de conduire une voiture et de travailler avec une machine dangereuse…
Ce phénomène explique au moins 40 000 accidents de la circulations aux États-Unis avec plus de 1 500 morts tous les ans.
Ce qui se cache derrière le sommeil d’une seconde
Mais que se passe-t-il pendant ce court laps de temps dans notre cerveau ?
Le meilleur moyen de mesurer l’activité de notre cerveau est l’électroencéphalogramme (EEG). Il nous permet d’évaluer facilement le fonctionnement du cerveau entre l’éveil et le coma, voire la mort.
Lors de ces épisodes de sommeil d’une seconde, on y voit clairement un passage brusque de l’activité éveillé qui se caractérise par des ondes alpha (8 à 13 Hz) à une activité de sommeil profond sous la forme d’ondes theta (4 à 7 Hz).
Une pathologie souvent méconnue
C’est un changement physiologique de l’activité cérébrale qui échappe complètement à notre volonté.
Ainsi, l’enseignant qui suppose que l’élève qui ferme soudainement les yeux n’est pas intéressé par son cours n’a rien compris au fonctionnement du cerveau !
J’ai trouvé chez un auteur connu (je préfère ne pas citer son nom, car il a dit et écrit par ailleurs des choses très raisonnables) le conseil de tenir un trousseau de clés dans sa main afin de se réveiller dès qu’un tel moment de somnolence se produit par le bruit qu’elles feront en tombant sur le sol.
Vous aurez compris que ce stratagème est totalement inutile, car dans tous ces cas, on se réveille toujours spontanément au bout de très peu de temps. Cependant, il pourrait effectivement aider certaines personnes à prendre conscience de leur somnolence imminente.
Les origines cachées du sommeil d’une seconde
Vous vous demandez sans doute d’où peut venir cet étrange phénomène de sommeil instantané et incontrôlé ?
Il s’avère qu’il n’y a pas de réponse unique valable pour tous, mais que chaque personne présente un cas unique qui doit être analysé individuellement pour trouver la bonne réponse. Il existe une multitude de facteurs qui peuvent intervenir, dont les plus courants sont le manque de sommeil, les différents troubles du sommeil (parasomnies, catathrénie, narcolepsie, etc.), les médicaments et drogues, la consommation d’alcool et de nicotine, le travail posté, et d’autres.
Comment savoir si l’on s’est endormi pendant une seconde ?
Quant aux symptômes typiques du sommeil d’une seconde, je les ai déjà mentionnés plus haut : paupières tombantes, incapacité à se concentrer, rêveries, hochements de tête, temps de réaction lent, problèmes de mémoire, etc.
Si vous pensez que cela peut s’appliquer à vous, n’hésitez pas à remplir mon questionnaire de dépistage pour en savoir plus.
Merci pour ton article, c’est un sujet qui m’intéresse énormément. Moi c’est l’inverse je provoque ce micro sommeil pour récupérer très rapidement quand je suis fatiguée et que je n’ai pas suffisamment de temps pour dormir. J’avoue que cela fonctionne plutôt très bien chez moi.
Merci pour ce commentaire. En effet, il y a aussi ce « micro-sommeil » que nous choisissons de faire et que de nombreux auteurs recommandent, car il nous permet de nous sentir plus en forme après coup lorsque nous manquons de sommeil.
J’en parlerai plus en détail dans un autre article prochainement.
Bonjour Dieter, merci pour cet article très intéressant. Je ne connaissais pas cet état et c’est tant mieux. Je m’étais posée la question des causes en le lisant, vous y répondez à la fin.
Le fait que vous n’ayez jamais connu un tel état indique que vous savez comment éviter le manque de sommeil et c’est une bonne chose. Je ne peux que vous encourager à continuer. Mais si vous regardez autour de vous, vous verrez probablement des épisodes chez d’autres personnes, car ce phénomène n’est pas rare de nos jours.
Je viens de lire ton article et je t’avoue que ça m’intéresse. Il faut savoir que je m’endors facilement dans les transports en commun ( je me mets un réveil pour ne pas rater l’arrêt et je ne me bat pas contre la fatigue du coup). Mais aussi une question que je me pose est que je chauffe quand je dors et que c’est l’inverse pour d’autres. Du coup, j’ai besoin de dormir pour me réchauffer 😁 Merci encore pour ton article 😉
Ton commentaire me rappelle le tramway d’Hiroshima qui relie le centre-ville au lac, où les sièges sont chauffés et où la plupart des passagers japonais ferment les yeux pendant le trajet qui dure environ une demi-heure. Eux, en revanche, arrivent à se réveiller au bon endroit sans avoir besoin de réveil.
Il est vrai que la chaleur ambiante et quelques bercements réguliers facilitent l’endormissement lorsqu’on est en manque de sommeil.
Quant à la température corporelle, elle baisse normalement pendant le sommeil en raison d’une modification de notre thermorégulation qui entre en état de repos. Un environnement agréablement chaud peut donc favoriser l’endormissement et l’effet de bercement est utilisé depuis les débuts de l’humanité pour aider les enfants à s’endormir.